STELA : Fausse stèle* en bois couleur ardoise.

Oeuvre faisant partie du projet d’exposition personnelle « Et ta mère? » soutenu par la mairie de Rouen et l’association H/F Normandie.

Stela, féminin. Variante de estela.
1. (Astronomie) Étoile.
2. Prénom féminin.
3. En islandais, dépouiller, dérober, voler.

Au travers du recensement des féminicides relayé dans tout les médias,« outils» de sensibilisation aux violences sexistes, je me questionne sur la signification de cette « mobilisation », où chaque année nous repartons à zéro.

STELA est le reflet de cette hypocrisie : imitant une stèle commémorative en granit noire, en réalité STELA est une structure en médium et OSB. Sa surface est recouverte d’une peinture dites ardoise, permettant d’écrire et d’effacer les inscriptions, il y est préalablement dessiné à la craie blanche -via un systèmes de dénombrement par trait- la comptabilisation des victimes des féminicides depuis le 01 janvier 2020.
Symbole d’une mascarade, cette stèle reste un faux, un leur, bien que volumineuse elle reflète le peu de considération fait vis à vis des féminicides et ne possède aucune légitimité. Instaurée tel un fait divers ou une tendance, à l’image de cette jauge qui repart à zéro chaque fin d’année, STELA redevient vierge.
Déshumanisation de l’information, appropriation des médias, des politiques, support événementielle. Dans l’attente d’un mort, un nouveau trait s’affichera sur STELA .

Article par Relikto : magazine & agenda culturel normand.

#FeminicideDansLaLoi

Vue extérieur de l’exposition STELA à Medium Argent (18 rue Louis Ricard, Rouen).

STELA est l’évolution du projet de plaque commémorative «Si seulement elle en avait eu», réalisé dans le cadre du projet d’exposition personnelle « Et ta mère? » soutenu par la mairie de Rouen et l’association H/F Normandie. Ce projet avait été imaginé tel un monument commémoratif en hommage aux femmes victimes d’être femme.
Œuvre à l’accent ironique: tous les jours une femme meurt sous les coups de son conjoint, est victime de violences physiques ou morales. On meurt aujourd’hui parce qu’on est femme. Imitant les monuments aux morts, la plaque commémorative «Si seulement elle en avait eu» interpelle sur la banalisation des violences sexistes et questionne l’utilisation des monuments « mémoire ». L’évocation émise par la phrase «Si seulement elle en avait eu» laisse part à l’interprétation du lecteur, et joue sur son contexte d’exposition.

 

Vue de la stèle : « Si seulement elle en avait eu » Hommage aux femmes, victimes d’être femme.

En parallèle les cartons d’invitations s’inspirent du projet antérieur de carte postale « Constellation » : Dans sa forme, il imite le point à relier pour suggérer le dessin d’un mot en rapport avec son contexte d’exposition. Les cartes postales se présentent comme des « private jokes », elles sont des « réponses » à des questionnement faisant allusion à un contexte antérieur. Le point à relier prend la forme d’un groupement d’étoiles, renvoyant au titre et à sa définition stela> estela > étoile.

 

Carton d’invitation de l’exposition STELA à Medium Argent (18 rue Louis Ricard, Rouen).

* Monument monolithe ayant la forme d’un obélisque, d’un cippe ou d’une dalle placée en position verticale, parfois orné de sculptures ou de peintures, sur lequel sont gravées des inscriptions commémoratives ou des textes législatifs.

Un peu d’histoire :
Né de la contraction des mots “féminin” et “homicide”, le terme “féminicide” s’est popularisé à la fin du XXe siècle par le biais de l’ouvrage de deux sociologues anglophones (Jill Radford et Diana E.H. Russell) – paru en 1992 -, “Femicide : The Politics of Woman Killing”. Aujourd’hui, les féminicides sont majoritairement commis par des hommes. En effet, sur les 87 000 femmes tuées en 2017, 58 % d’entre elles ont été tuées par un partenaire intime ou un membre de la famille, selon le rapport 2019 de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (UNODC), dédié aux homicides liés au genre. Le terme de « féminicide » désigne « l’homicide d’une femme, d’une jeune fille ou d’une enfant en raison de son sexe » . Cette définition inclut ainsi tous les meurtres de femmes pour ce motif, qu’elles soient intimes ou non avec le potentiel agresseur.
De plus en plus utilisé, entendu et repris par les médias ainsi que par certains membres des institutions judiciaires, le féminicide n’est pas reconnu dans le droit pénal français.

 

 

 

« STELA est présentée au milieu du lieu, entourée de trois murs peints également en noir.
La plasticienne y a dessiné des étoiles. Chacune a son numéro.
Quand elles sont reliées, elles forment le mot cent quarante-neuf, comme le nombre de féminicides en France en 2019. Elles sont à la fois une empreinte du passé et une mémoire. »

Extrait de l’article « Marie-Margaux Bonamy rend hommage aux femmes »
édité le 31 janvier 2020, disponible sur  Relikto.com

 

 

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Rouen, janvier 2020 – Vernissage le 30 janvier 2020 à Medium Argent (18 rue Louis Ricard, Rouen) de l’exposition « STELA » de Marie-Margaux Bonamy, artiste plasticienne.

Cette nouvelle exposition s’inspire de la médiatisation qu’a rencontré le terme féminicide en France et par le monde en 2019. Son œuvre questionne l’aspect d’appropriation médiatique et le recensement des victimes établi annuellement.

Dans ce cadre, l’artiste présentera STELA, un monument commémoratif en l’hommage des femmes victimes de leur genre. Projet conçu dans la continuité de la plaque commémorative « Si seulement elle en avait eu » inauguré le 21 septembre 2019 au Terminal 37 à Rouen pour les journées du Matrimoine organisées par H/F Normandie.

STELA témoigne de l’ambivalence dans la prise de décision du monde ainsi que de l’appropriation des médias vis-à-vis des féminicides qui sont de plus en plus nombreux. Face à cette jauge déshumanisante, qui comptabilise les victimes jour après jour et qui retombe à zéro chaque année, nous pouvons nous questionner sur la finalité de cette pratique. Le monde ne cultiverait pas une culture de l’oubli ou ces victimes ressusciteraient-elles passé le 31 décembre ?

À travers son œuvre, l’artiste questionne le rapport que peut entretenir l’humain à son environnement. Travaillant actuellement à travers le prisme de l’égalité entre femmes et hommes avec son projet pluriel « Et ta mère? » dont STELA fait partie, Marie-Margaux Bonamy s’interroge sur l’avenir de cette égalité et par ailleurs sur la place octroyée à la femme dans notre société. https://mariemargauxbonamy.com/

Medium Argent est un cycle de Micro-résidence organisé par l’association Rouennaise Lieu D’exposition , cofondé par Raphael Lecoq et Romain Blois . Cette Micro-résidence invite ses participants à développer une recherche plastique sur une durée de 30 jours, s’en suivra une restitution sous forme d’exposition dans son lieu situé au 18 rue Louis Ricard à Rouen. https://mediumargent.com/

 

Contact : Marie-Margaux Bonamy
Artiste Plasticienne
gomar.bonamy@gmail.com