Et ta mère ?
Exposition personnelle au Terminal 37 (37, boulevard des Belges, 76000 Rouen)
Ambiance musicale par Le Club de La Mode 

 

Pourquoi une exposition intitulée « Et ta mère ? » :

Ta mère (en anglais Yo mama ou Your mum ou Your mom ) est une forme de plaisanterie insultante, consistant à utiliser une caractéristique prétendue de la mère de la personne à qui l’on s’adresse, la plupart du temps son poids ou une déficience mentale quelconque, pour en faire le sujet du quolibet. En Angleterre , la majorité de ces blagues se concentre sur la sexualité de ladite mère. Le résultat escompté est de causer la honte ou la colère de la victime, en proférant des propos en général mensongers au sujet de sa mère.

L’expression « Ta mère » en soi, sans aucun qualificatif, est devenue « courante », utilisée comme une insulte polysémique, comme l’expression d’un défi ou d’une révolte. L’expression « ta mère » témoigne de l’inégalité apparente entre sexes, et de l’association de la femme, la mère, à une faiblesse.

Par l’impression de défi que ce terme véhicule, le choix du titre « Et ta mère ? » démontre la banalité de l’emploi de l’injure sexiste.
En réalisant cette exposition, mon désir est de présenter des projets axés sur l’inégalité des sexes d’aujourd’hui, s’articulant sur une année de recherches, de rencontres et de diffusion de questionnements sur la place de la femme. Le terme équité parle d’égalité des chances et si nous désirons un monde équitable, l’homme et la femme devront pouvoir atteindre les mêmes buts.

« Exercer l’équité, c’est agir de manière modulée selon les besoins et désirs singuliers pour pallier les inégalités de nature et de situations. » Charles Gardou, professeur d’anthropologie à l’Université Lumière Lyon 2 et spécialiste du handicap consacre ses travaux à la diversité humaine, à la vulnérabilité et à leurs multiples expressions .

Vernissage du samedi 21 septembre 2019
Informations sur les permanences de l’exposition, visible jusqu’au 12 octobre 2019

 

Pourquoi ce sujet ? :
Cette exposition est la recherche d’un équilibre sur la nécessité d’une véritable égalité des sexes.
On nous apprend que « les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » mais on peut constater qu’au cours de leur vie ils n’ont pas les mêmes chances de réussite. Le terme d’égalité serait-il alors biaisé ? Pourquoi pas tendre vers une équité par l’accessibilité? Une égalité des chances afin que chacun atteigne le même but. Ou pourquoi pas arrêter cette différenciation des genres et atteindre enfin une véritable liberté pour chaque individu sans distinction?

Dans le monde entier il est presque écrit que naître femme conditionne notre vie, que ce soit par les traditions, les lois ou le manque de considération, les femmes subissent et portent le poids d’être « l’autre sexe ». Que ce soit l’Inde qui possède le plus fort taux d’infanticide des nourrissons lorsque l’enfant est révélé fille, à l’excision imposée pour contrôler le désir féminin, jusqu’à l’incessante position de la femme comme objet de tentation qui doit à tout prix être caché, le corps et l’esprit de la femme sont constamment contrôlés. De plus, il y a cette tendance d’invisibilisation de la souffrance des femmes dans les sociétés occidentales sous le prétexte que cela serait « pire ailleurs », sans qu’il y ait de tentative d’amélioration des violences subies. Ces violences sont omniprésentes et vécues par toutes.

Depuis Eve, (et supposé avant avec Lilith*) on croirait à une mauvaise blague que seules les femmes subissent. Être femme à toujours été difficile, et c’est pour cela que je veux réaliser ce projet. L’art doit permettre aux individus de ce questionner et comprendre le monde. L’égalité des droits doit être un sujet traité si celui-ci est mis à mal au quotidien.

* On dit que Lilith a été la première femme du monde et a été créée par Dieu en même temps qu’il a créé Adam. On dit que Lilith a ensuite été bannie et rejetée par Dieu après avoir prouvé qu’elle était plus intelligente et forte qu’Adam et qu’elle n’obéirait pas à ses commandements. Le personnage n’a pas été mentionné dans la Bible pour comprendre l’origine de l’humanité car Lilith est allée à l’encontre de la tradition ecclésiastique car selon l’Eglise les femmes doivent obéir à l’homme et les femmes étaient donc “inférieures” .

 

 

 

Soutien par la Mairie de Rouen via la Bourse Impulsion et
l’association H/F Normandie par le biais des journées du Matrimoine.

L’exposition fût préparée pendant la résidence de création au #LaboVictorHugo* du 1er août au 15 septembre 2019.

*Ce lieu entend favoriser l’expérimentation, la création, les rencontres artistiques et l’innovation sur le territoire.

 

 

 

 

PLAN DU TERMINAL 37
– Cartel –

 

 

1 COMMERCE ÉQUITABLE** : Installation suspendue de moulages de fruits et légumes assemblés par paires en silicone maquillé, dimension variable.

** échange économique où la partie la plus puissante s’engage à respecter les intérêts de la partie la plus défavorisée.

L’emploi du terme Commerce équitable évoque d’après moi une spécificité qui peut s’appliquer à de nombreux échanges et même définir des relations. Celui-ci m’a inspiré la transposition de l’idée du commerce à celui de l’égalité des sexes dans la réalisation d’une œuvre suspendue.
Commerce équitable assemble par paires des fruits ou légumes de même calibre. Présentés ainsi, ils évoquent des attributs sexuels. Composée de silicone, l’œuvre est aussi sensorielle, le public a accès aux assemblages et peut les toucher. Le choix du silicone cherche à rappeler une dimension corporelle. Équilibrée par un filet de courses, l’œuvre nous surplombe, colorée et étrangement familière ; elle rehausse la discussion.

Ces assemblages évoquent le poids du genre, féminin comme masculin, puisque le conditionnement que nous vivons tous dès notre enfance nous impose des contraintes relatives à notre genre, réintroduisant par là une certaine égalité entre les sexes. Dans la mesure où le fruit préfigure toujours le déclin, la décrépitude, il rappelle que face au temps qui s’écoule nous sommes tous pareils, tous égaux. Mais le choix du fruit nous fait également penser à l’hermaphrodisme de beaucoup de plantes, évoquant de façon sous-jacente l’homologie de nos attributs génitaux. Qui s’étonnera alors que je m’approprie, en tant que femme, les discours des hommes qui se vantent de leurs attributs pour appeler à dire « moi aussi j’en ai ».

 

 

2 TETON(S) : Badges en laine cardée et feutrine imitant un téton.

Les Téton(s) sont des bijoux revendicateurs.
Puisque le téton – en tout cas féminin – ne doit pas se montrer en dehors de la sphère privée. Comme signe de protestation, de libération du corps et allié au mouvement « no bra*», celui-ci se montrera ! Et déclarera « j’ai ma place sur cette place publique !».

Tel un blason, appelant au rassemblement, les Téton(s) seront le premier indicateur de changement.

(Mise en place d’ateliers d’initiation sur demande)

 

 

3 Édition « Et ta mère ? » : Projet d’édition collective recueillant des anecdotes vécues mettant à mal l’égalité actuelle véhiculée.

Je souhaite effectuer un travail de recherche mettant en évidence un conditionnement dès l’enfance à des comportements dits « féminins ou masculins ». À travers ce questionnaire mis à disposition, chaque visiteur peut y répondre et ainsi participer à la réalisation de cette édition prévue pour 2020.

 

Questionnaire- « Et ta mère? » ( à compléter)

à renvoyer par mail à gomar.bonamy@gmail.com

 

 

4 Si seulement elle en avait eu : Plaque commémorative en pierre de Caen, co-réalisée avec le tailleur de pierre Baptiste Boulenger.

Monument commémoratif en hommage aux femmes victimes d’être femme.
Œuvre ironique mais pas tant : tous les jours une femme meurt sous les coups de son conjoint, est victime de violences physiques ou morales. On meurt aujourd’hui parce qu’on est femme. Imitant les monuments aux morts, la plaque commémorative si seulement elle en avait eu interpelle sur la banalisation des violences faites aux femmes et questionne l’utilisation des monuments « mémoire ».
L’évocation émise par cette phrase laisse part à l’interprétation du lecteur, et joue sur son contexte d’exposition.

 

 

5 Veste « Au bûcher » :

Cette veste fait partie d’une série qui m’a permis de questionner mon projet d’exposition dans l’espace public. Elles ont été mises en vente cette été sur le marché de Deauville (Calvados, France). Certain.e.s en portent actuellement. Les vestes questionnent l’appropriation de l’espace public.

(Commander une veste)

6 Constellation « Mots Doux » :

Constellation est un projet itinérant, pluriel et adaptable. Dans sa forme, il imite le point à relier pour suggérer le dessin d’un mot en rapport à son contexte d’exposition. Sous la forme d’une série de Tote Bags bleu nuit, brodés d’une constellation dessinant un « gros mot », Constellation de « Mots doux » questionne l’utilisation d’un mot en dehors de son contexte, laissant au lecteur le choix de son interprétation. La sélection de ces mots se fait par leur signification ambivalente, changeante selon le contexte. Une étiquette reliée au sac donne la réponse au mot qui y est brodé.